

Ne vous y trompez pas, les écobuages n’ont rien d’écologique bien au contraire.
Même si originellement, le terme désigne le travail d'arrachage de la végétation au moyen d'une "écobue", outil proche de la houe, l'incinération en petits tas de ces éléments puis l'épandage des cendres sur les terrains afin de les enrichir en éléments nutritifs, aujourd’hui il consiste à brûler directement tous les végétaux sur pied.
En voyant concrètement le résultat sur place, de nombreux effets néfastes apparaissent clairement :
1- Le feu, non sélectif, a brûlé non seulement les formations broussailleuses (ronces, ajoncs, genets, bruyère) mais aussi certains arbres et les jeunes arbustes jusqu’alors protégés par ces broussailles et donc épargnés par l’élevage. Ainsi cela va à l’encontre du processus de régénération de la forêt. Et sur ces versants on le constate, depuis des années, la forêt recule.
2- La combustion de ce couvert végétal entraîne la mort de milliers d’insectes, de micro-mammifères et sans parler des abeilles qui ne trouveront rien aux premiers beaux jours.
3- La mise à nu des sols engendre inévitablement leur érosion (accentuée par les fortes pentes). De plus, la biomasse accumulée au cours des cycles naturels saisonniers, participant à la création d’humus donc d’un sol riche, partira ici en fumée. C’est donc une double perte pour le sol.
4- Parfois mal maîtrisés, les écobuages peuvent être également dangereux pour l’Homme. Encore cette année en Pays Basque, une personne âgée prise au piège de son propre feu a malheureusement péri dans l’accident.
Quand on interroge les partisans de telles pratiques (comme notre voisin, au demeurant fort sympathique), les raisons évoquées sont souvent assez confuses, en tout cas peu convaincantes. Il s’agirait d’ouvrir les espaces pour le passage des brebis et chèvres de son élevage. Alors que justement le passage régulier de ces animaux maintient constamment des sentiers et d’après moi, ils n’ont aucune difficulté pour se déplacer, ni pour accéder aux champs. Ensuite et sans doute surtout, il s’agit de « nettoyer » (!) ces parcelles. Ah bon, parce que la nature peut être sale ??? Et moi qui croyait que ce sont plutôt certains êtres humains qui peuvent être « sales », par exemple ceux qui au niveau du pont ont, de façon irresponsable, jeté dans le ravin, bouteilles et bâches en plastique et même une machine à laver, ou ceux qui sont capables de balancer des litres de produits chimiques de synthèse dans la nature, ou encore ceux qui utilisent la chimie pour empoisonner les animaux s’introduisant dans leur demeure…
Non, vraiment, comment un champ de ronces et de fougères peut-il être sale… ? C’est une façon de parler, me diront certains, mais attention, le sens des mots n’est pas anodin, il est toujours porteur de représentations idéologiques…
Alors vraiment, cher voisin, nous vous le disons en toute amitié, les écobuages, nous n’en voulons plus.
Milesker.

6 commentaires:
j'ai vu à la télé un reportage sur un écobuage, le paysan interrogé disait que c'était pour maitriser les incendies ?
Il se dit aussi que l'écobuage nettoyait la "vermine"!!!
soyons optimiste, j'ai vu un reportage où un paysan utilisait des pottoks pour entretenir la montage.
J'ai malheureusement pas retenu son nom pour lui élever une stèle en son honneur
Il y a longtemps, le nettoyage se faisait manuellement.Cela faisiat même partie du contrat de métayage.Maintenant , autour de moi on parle de tradition. Il y a des traditions qui doivent être oubliées.
Il n'y a pas si longtemps que ça, Abo, mais c'est fou comme on oublie vite. Cette histoire de tradition---, c'est ce que disent aussi les chasseurs du haut de leurs 4x4 grans comme des maisons qui ne roulent que sur des routes propres et qui transportent des caisses de munitions---
C'est vrai que je préfère dire "feux de montagnes" qu'écobuage, parce que le sens initial d'écobuage, ce n'est pas ça, comme l'explique Benjamin.
Depuis Juin dernier, j'ai une pottok à la maison, et c'est vrai que cela fait bien le vide, mais curieusement, ni elle ni son petit ne font de tort aux arbres, même tout petits. C'est sans doute pour cela qu'ils ne sont pas plus aimés que ça. Parce que--- Abo, tu vas rire--- j'ai un bout de terrain sur ls collines du village, j'y ai planté des châtaigniers il y a longtemps. Le chemin qui passe en bas du terrain a été bitumé il y a 5 ans (pour trois bagnoles qui y passent par jour). Dimanche, en allant voter, le maire m'interpelle "J'ai eu des réclamations d'agriculteurs. Il paraît que certaines branches de vos arbres dépassent sur la route et que ça abîme le bitume, je vais devoir faire élaguer. Moi, je vous dis, on n'est pas sorti de l'auberge!
Pour répondre à Xixaria, le brûlage préventif contre les incendies se pratique effectivement, en particulier aux Etats-Unis, mais plutôt pour les forêts. Moi je trouve cela dommage de brûler des terres, c'est bien sûr une solution de facilité, mais comme dit Benjamin, elle a un prix sur le futur. Moi, je préfère les solutions sans traitement thermique (ni chimique) et encore mieux quand on peut valoriser les produits, pas facile pour les petites exploitations bien sûr, mais quand c'est à plus grande échelle et sur des terrains accessibles aux engins ! voir mon article sur le sujet, écrit à partir de celui de Benjamin : http://www.bioenergie-promotion.fr/13112/alternative-a-lecobuage-brulage-la-recolte-energetique/
Milesker Benjamin !
Place à la forêt !
Les ajoncs (ote) et les fougères (garo, iratze) sont des essences
pionnières qui précèdent les essences arbustives, puis forestières
telles que le châtaignier, l'aulne, le hêtre et le chêne. Leur
éradication est indispensable pour rendre une terre cultivable:
céréales, légumineuses, plantes maraîchères, etc...
Dans de telles pentes, on doit faire le choix entre réaliser des
terrasses afin de les rendre cultivables, ou laisser la terre mère
enfanter une forêt. Les pâturages, c'est ce qui reste, et il y a de
quoi faire ! Quand on voit l'herbe haute et les essences pionnières,
c'est la preuve que les troupeaux ne sont pas affamés.
Nos ancêtres puisaient dans les forêts l'énergie nécessaire pour se
chauffer et cuire les aliments. A l'heure des factures exorbitantes
d'électricité et de pétrole, et des drames qui leur sont associés, ne
devrions-nous pas utiliser cette énergie, plutôt que de la gaspiller ?
Aujourd'hui, les fruitiers du ahuntzaineko sagardoia explosent de vitalité,
Aux côtés de chênes pluri-centenaires carbonisés !
Chu pas trop d'accord!!
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